Appelez-nous ! +33 (0)2 23 52 02 28RESERVEZ EN LIGNE MAINTENANT >

Actualités & Offres Spéciales

Un air d’octobre

Theme: Poèmes

Un air d’octobre

Un air d’octobre.
Un air comme une traîne immense
Un air qui ne finit jamais
Un air d’octobre une romance
Plus douce que le mois de mai
Un air qui toujours recommence

Tes yeux ont le mal horizon
Fou qui trouve assez bleu l’azur
A qui le ciel n’est pas prison
Il faut aimer à démesure
Ce n’est pas assez que raison.

Bel automne aux mains de velours
C’est la chanson jamais chantée
C’est la chanson de notre amour
C’est la chansons des roses thé
Dont le cœur est au couleur du jour

Est-il assez profond sanglot
Pour dire les déserts physiques
Pareils aux ronds qu’on fait dans l’eau
Les mots valent-ils la musique
Du long désir au cœur enclos

Un air Elsa de la démence
Un air qui ne finit jamais
Un air d’octobre une romance
Plus doux que le mois de mai
Un air comme une traîne immense.

Louis Aragon,
Le Nouveau Crève-coeur

En savoir plus

Il Pleut

Theme: Poèmes

Il Pleut

Averse averse averse averse averse averse
pluie ô pluie ô pluie ô ! pluie ô pluie ô pluie ô !
gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau
parapluie ô parapluie ô paraverse ô !
paragouttes d’eau paragouttes d’eau de pluie
capuchons pèlerines et imperméables
que la pluie est humide et que l’eau mouille et mouille !
mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau
et que c’est agréable agréable agréable
d’avoir les pieds mouillés et les cheveux humides
tout humides d’averse et de pluie et de gouttes
d’eau de pluie et d’averse et sans un paragoutte
pour protéger les pieds et les cheveux mouillés
qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser
à cause de l’averse à cause de la pluie
à cause de l’averse et des gouttes de pluie
des gouttes d’eau de pluie et des gouttes d’averse
cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie

Raymond Queneau,
Les Ziaux

En savoir plus

Beaux jours d’Octobre

Theme: Poèmes

Beaux jours d’Octobre

En ces jours clairs, l’Automne au rêve nous exhorte ;
On prendrait son adieu pour l’éveil du printemps,
Si le bruit et le vol blessé des feuilles mortes
Imitaient les chansons et les ailes d’antan.

Mais en vain nous rêvons d’avril ! Voici le temps
Où l’âpre bise aura les neiges pour escorte.
Les cygnes noirs n’ont pas encor quitté l’étang,
Mais déjà le grand vent d’hiver sanglote aux portes.

Ainsi semble parfois si douce la tristesse,
Qu’on la prendrait pour du bonheur si, par moments,
Plein de cris et chargé de larmes prophétesses,

Un vent mystérieux ne soufflait brusquement
Une angoisse infinie et des proches tourments
Dans l’Automne doré des sereines tristesses.


Fernand Gregh,
La Maison de l’enfance

En savoir plus

Automne précoce

Theme: Poèmes

Automne précoce

On parle de vendanges. Les prunes sont douces sous les dents.
Les enfants courent jusque dans les bois. Ils disparaissent dans les broussailles, grimpent à l’échelle du mirador.
« Et je tuerai tous les sangliers, mais pas les petits, car ils sont trop mignons », dit, d’une vois déjà assurée, la petite fille.
Nous marchons dans les près. Nous ramassons des pommes et des poires.
La grande rumeur des branches. Psaume d’où s’échappent les feuilles sèches.
L’allure du jour change déjà ; le temps fraîchit. Au cœur du vent, cette d’odeur d’humus, un goût d’automne. D’automne précoce.

Joseph- Paul Schneider

En savoir plus

Les hirondelles

Theme: Poèmes

Les hirondelles

Le long des fils télégraphiques
Les hirondelles en habit
tiennent leur conciliabule d’automne.
Les froids sont venus et le vent
maintenant souffle tous les jours du nord.
« Sacré pays, disent-elles, les petites hirondelles serrées et pelotonnées sur leur fil,
Il va falloir émigrer encore !
Adieu, chère vallée où les moustiques étaient si bons !
Quels bons repas de moucherons nous avons faits !
Quel bel été nous avons eu ! comme nous avons bien ri,
Bien crié, bien volé, et virevolté dans ce ciel !
Comme elle était douce sa lumière, comme il était léger l’air de Seine-et-Oise !
À présent, c’est fini, il nous faut partir ;
nous attraperions des rhumatismes dans ces brunes,
et pour vivre il faudrait voler si bas, au ras du sol comme les hommes !
Adieu, chers hôtes du hangar et de la grange,
adieu, cochons inoffensifs, et toi brave chien qui sais que nous ne sommes pas comestibles ;
adieu, vilain chat qui aurais tant voulu avoir des ailes pour nous courir après dans l’azur et piller nos nids.
Adieu, le fermier et la fermière !
Ne démolissez pas nos nids de boue t de brindilles bien tressées.
Au revoir, pauvres amis ! nous penserons à vous en en Égypte, et nous reviendrons l’année prochaine.
N’ayez pas trop froid dans ce sale hiver ! »

Émile Henriot,
Le Livre de mon père

En savoir plus

Les longs jours sont passés

Theme: Poèmes

Les longs jours sont passés

L’aube est moins claire, l’air moins chaud, le ciel moins pur ;
Le soir brumeux ternit les astres de l’azur.
Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent,
Hélas ! voici déjà les arbres qui jaunissent !
Comme le temps s’en va d’un pas précipité !
Il semble que nos yeux, qu’éblouissait l’été,
Ont à peine eu le temps de voir les feuilles vertes.

Pour qui vit, comme moi, les fenêtres ouvertes,
L’automne est triste avec sa bise et son brouillard,
Et l’été qui s’enfuit est un ami qui part,
Adieu, dit cette voix qui dans notre âme pleure,
Voluptés du grand air, bruits d’ailes dans les bois,
Promenades, ravins pleins de lointaines voix,
Fleurs, bonheur innocent des âmes apaisés,
Adieu, rayonnements ! aubes ! chansons ! rosées !

Puis tout bas on ajoute : ô jours bénis et doux !
Hélas ! vous reviendrez ! me retrouverez-vous ?

Victor Hugo,
Toute la lyre

En savoir plus

Chanson

Theme: Poèmes

Chanson

Les hirondelles sont parties.
Le brin d’herbe à froid sur les toits ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon bûcheron, coupe du bois.

Les hirondelles sont parties.
L’air est dur, le logis est bon.
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon charbonnier, fait du charbon.

Les hirondelles sont parties ;
L’été fuit à pas inégaux ;
Il pleut sur les touffes d’orties
Bon fagotier, fait des fagots.

Les hirondelles sont parties.
Bonjours l’hiver ! Bonsoir ciel bleu !
Il pleut sur les touffes d’orties.
Vous qui tremblez, faite du feu.

Victor Hugo

Chansons des rues et des bois
Les longs jours sont passés
L’aube est moins claire, moins chaud, le ciel moins pur ;
Le c soir brumeux ternit les astres de l’azur.
Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent,
Hélas ! voici déjà les arbres qui jaunissent !
Comme le temps s’en va d’un pas précipité !
Il semble que nos yeux, qu’éblouissent l’été,
On a peine eu le temps de voir les feuilles vertes.

Pour qui vit, comme moi, les fenêtres ouvertes,
L’automne est triste avec sa bise et son brouillard.
Et l’été qui s’enfuit est un ami qui part.
Adieu, dit cette voix qui dans notre âme pleure,
Adieu ciel bleu ! beau ciel qu’un souffle tiède effleure !
Voluptés du grand air, bruits d’ailes dans le bois,
Promenades, ravin pleins de lointaines voix,

En savoir plus

L’automne

Theme: Poèmes

L’automne

L’automne, au coin du bois,
Joue de l’harmonica.

Quelle joie chez les feuilles !

Elles valsent au bras
Du vent qui les emporte.

On dit qu’elles sont mortes,
Mais personne n’y croit.

L’automne au coin du bois,
Joue de l’harmonica.

Maurice Carême,
La Lanterne Magique

En savoir plus

Le geste auguste du semeur…

Theme: Poèmes

Le geste auguste du semeur…

C’est le moment crépusculaire.
J’admire assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s’éclaire
La dernière heure de travail.

Dans les terres, de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D’un vieillard qui jette des poignées
La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
A la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense,
Va et viens, lance la graine au loin,
Rouvre sa main, et recommence,
Et je médite obscur témoin,

Pendant que déployant ses voiles,
L’ombre ou se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu’au étoiles
Le geste auguste du semeur.

Victor Hugo

En savoir plus

Pax

Theme: Poèmes

Pax

Ô souvent je voudrais que la vie éternelle
Fût simplement cela : Quelques-uns réunis
Dans un jardin qu’embaume encore la citronnelle,
Réunis par amour dans l’été sui finit.

L’un d’entre eux serait juste arrivé de voyage.
On le ferait asseoir près de la véranda
Où est la lampe, afin de mieux voir son visage,
Son uniforme usé, sa pâleur de soldat.

La plus jeune viendrait le tenir par sa manche,
On n’oserait pas dire : << Tu es pâle… >> Et lui,
Devant cette douceur de très ancien dimanches
Souhaite pour pouvoir pleurer, qu’il fasse nuit.

Une voix s’élèverait alors, la musique
Même le jadis au milieu d’un grand respect
Et du cœur de chacun, dans le soir balsamique
Disant ces mots simples : Mes enfants, c’est la paix.

Aliette AUDRA,
Poèmes pour un marin perdu

En savoir plus